Introduction
Introduction
Si vous jetez un homard dans de l'eau bouillante, il va se débattre ; et à sa place, je ferais pareil. La meilleure tactique est de chauffer l'eau comme pour un bain et une fois endormie, la bête va tranquillement bouillir et quand sa carapace bleue aura viré au rouge, elle sera à point. Les Romains avaient compris que s'ils voulaient imposer par la force leur culture aux peuples conquis, ils seraient confrontés à une résistance farouche. Alors au lieu d'essayer de changer leur façon de vivre ou leur langue, ils laissaient le temps travailler pour eux. Et c'est ainsi qu'au fil des années, la nouvelle colonie adoptait graduellement, et sans y prendre garde, les us et coutumes romains.
C'est ce qui s'est passé pour la ville de Thessalonique qui s'appelle aujourd'hui Salonique et qui se trouve près de l'ancien site de Therme, ainsi appelé à cause de ses sources chaudes d'origine volcanique, dans le golfe à l'extrémité nord de la mer Égée. Thessalonique fut fondée (315 av. J-C) par un mari en l'honneur de sa femme Thessalonica. Ça fait très romantique sauf que cet homme qui s'appelait Cassandre était une brute épaisse qui extermina la famille d'Alexandre le Grand alors que son père avait été un de ses fidèles généraux. Thessalonique était un port qui s'ouvrait sur la mer Égée ce qui contribua à sa prospérité. Elle devint la capitale de la Macédoine (vers 168 av. J-C) et sous l'Empire romain elle bénéficiait du statut de ville libre , c'est-à-dire dirigée par ses propres citoyens. À l'époque de Paul, elle avait gagné le nom de mère de toute la Macédoine et avait environ 200 000 habitants. Le consul Cicéron aurait dit que Thessalonique était la poitrine de l'empire , indiquant par là sa position centrale. Aujourd'hui, Salonique est le centre économique et commercial de la Grèce du Nord et compte 400 000 habitants.
L'Église de Thessalonique fut fondée par Paul et Sylvain, aussi appelé Silas (Actes 16.40 ; 17.1-15) lors du second voyage missionnaire de l'apôtre. C'était une assemblée exemplaire puisque Paul lui-même leur écrit : vous êtes devenus des modèles pour tous les croyants de la Macédoine et de l'Achaïe (1 Thessaloniciens 1.7), l'Achaïe étant la partie sud de la Grèce avec Athènes pour capitale.
Lors de son premier voyage missionnaire, Paul était accompagné de Barnabas, mais juste avant leur seconde tournée, ils eurent un sérieux désaccord et se séparèrent. C'est pour cette raison que Paul a choisi Sylvain pour l'accompagner cette fois-ci. En cours de route, ils prirent Timothée et Luc, l'auteur de l'Évangile qui porte son nom. Ils visitèrent les Églises de la province romaine appelée Galatie et peuplée en grande partie de Gaulois. Puis, selon toute évidence, ils voulaient répandre la Bonne Nouvelle du Christ dans l'Asie Mineure qui est aujourd'hui la Turquie, et surtout dans la partie ouest qui avait pour nom la province d'Asie et qui était très peuplée. C'est d'ailleurs ce que fit Paul lors de son troisième voyage missionnaire puisqu'il établit son quartier général dans la ville portuaire d'Éphèse.
Mais pendant son second voyage, le Saint-Esprit empêcha l'apôtre d'accomplir ses projets. Alors, il se rendit à Troas à l'extrême ouest de l'Asie Mineure attendant que le Seigneur le dirige. C'est là que dans une vision il vit un homme qui le suppliait disant : Viens en Macédoine et secours-nous ! (Actes 16.9). Il obéit à cette requête urgente, traversa la Mer Égée et se rendit dans la ville de Philippes. Le jour du sabbat, il alla au bord d'une rivière où se réunissaient des Juifs pour prier. C'est là qu'il annonça la Bonne Nouvelle de Jésus et que Lydie, une marchande d'étoffes, s'est convertie, ce qui marqua le début de l'Église de Philippes.
À la suite à ces événements, Paul et ses compagnons partirent pour la ville de Thessalonique distante de 150 km, mais ils ne purent y rester bien longtemps. Dès leur arrivée, Paul, selon son habitude et sur la base de l'Ancien Testament, prêcha dans la synagogue la Bonne Nouvelle de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth, afin de prouver aux Juifs qu'il était véritablement le Messie promis. En très peu de temps, beaucoup de personnes se convertirent. Je lis le passage :
Quelques Juifs furent convaincus et se joignirent à Paul et Sylvain, ainsi qu'un grand nombre de païens convertis au judaïsme et plusieurs femmes de la haute société (Actes 17.4).
Mais Paul n'a pu enseigner que durant trois sabbats (Actes 17.2), car les autres Juifs, jaloux du succès de sa prédication, organisèrent une riposte et des persécutions (Actes 17.5-7 ; 1 Thessaloniciens 1.6 ; 2.2, 14), ce qui obligea Paul et ses compagnons à fuir dans la ville voisine de Bérée (Actes 17.10).
Cependant, malgré leur court séjour de quelques semaines à Thessalonique, l'équipe apostolique a pu accomplir une tâche herculéenne puisque ces hommes fondèrent et organisèrent une Église. Si quelques membres de cette assemblée étaient Juifs, la majorité d'entre eux était d'origine païenne (Actes 17.4 ; 1 Thessaloniciens 1.9-10), soit des prosélytes convertis au judaïsme, soit des idolâtres qui sortaient tout droit d'un paganisme pur comme l'atteste l'apôtre qui écrit :
On raconte, en effet, comment vous vous êtes tournés vers Dieu en vous détournant des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai (1 Thessaloniciens 1.9).
Cette conversion des païens est peut-être la goutte d'eau proverbiale qui a fait déborder le vase de la colère des Juifs et qui a exacerbé leur jalousie (comparez Romains 11.5). Persécuté, Paul doit quitter Thessalonique en toute hâte et se réfugier dans la ville de Bérée. Mais ses ennemis, la haine au ventre, le poursuivent et le forcent à fuir une nouvelle fois, vers Athènes cette fois-ci tandis que Sylvain et Timothée restent à Bérée. Arrivé à Athènes, Paul fait dire à ses compagnons de venir le rejoindre. Ces événements sont racontés dans le livre des Actes (Actes 17.10-16).
À peine sont-ils ensemble que l'apôtre envoie Timothée rendre visite aux Thessaloniciens parce qu'il est inquiet à leur sujet tandis que lui et Sylvain restent sur place (1 Thessaloniciens 3.1-3), mais pas pour longtemps, car à son tour Sylvain part pour la Macédoine tandis que Paul va à Corinthe. Décidément, ces hommes voyageaient beaucoup. C'est à Corinthe que Paul se lie d'amitié avec Aquilas et Priscille, et travaille avec eux pour gagner son pain (Actes 18.1-5) en fabriquant des toiles de tente.
C'est à Corinthe que Timothée et Sylvain rejoignent Paul, le premier revient de Thessalonique (1 Thessaloniciens 3.6) et le second très certainement de la ville de Philippes. En effet, c'est le retour de ses deux compagnons qui permet à l'apôtre de consacrer tout son temps à annoncer la Parole de Dieu parce qu'ils ont apporté suffisamment d'argent avec eux pour libérer Paul de l'obligation de travailler. Or nous savons que l'Église de Philippes a participé au soutien de l'apôtre (2 Corinthiens 11.8-9 ; Philippiens 4.15-16). Voilà pourquoi il est quasi certain que c'est de Philippes que Sylvain est revenu.
C'est de Corinthe, vers l'an 50-51, que la première Épître aux Thessaloniciens fut rédigée suite aux nouvelles que Timothée rapporta de la jeune Église et alors que l'équipe apostolique est au complet (Actes 18.5 ; 1 Thessaloniciens 1.1). L'apôtre avait plusieurs raisons d'écrire cette lettre et certaines apparaissent clairement au travers du texte. Il a d'abord voulu les encourager (1 Thessaloniciens 1.2-10), puis répondre à des accusations dont il faisait l'objet de la part des Juifs (1 Thessaloniciens 2.1-12), et troisièmement, il voulait réconforter les croyants persécutés. En effet, l'Église connaissait une forte opposition, car le départ de Paul n'avait pas calmé les tensions entre les Juifs et les nouveaux chrétiens qui enduraient des persécutions comparables à celles que les Églises de la Judée devaient subir de la part des Juifs de Palestine (1 Thessaloniciens 2.13-14).
En quatrième lieu, Paul a aussi voulu exprimer la joie que suscitait en lui leur foi (1 Thessaloniciens 2.17–3.13) et cinquièmement, rappeler l'importance de la pureté morale (1 Thessaloniciens 4.1-8). À ce sujet, il faut savoir que l'environnement païen et son appétit pour l'inconduite sexuelle jouent un rôle important dans les difficultés de l'Église de Thessalonique. Ce travers est un des rares péchés touchant à la conduite morale, que l'apôtre dénonce explicitement et longuement dans ses deux lettres. À trois reprises, il insiste sur la nécessité de mener une vie sainte animée par l'Esprit Saint (1 Thessaloniciens 4.3, 7, 8). Soit dit en passant que selon l'apôtre Jean, l'espérance de l'enlèvement de l'Église, un événement qui peut survenir à n'importe quel instant, devrait avoir un effet purificateur dans la vie du croyant. Je lis le passage :
Nous savons que lorsque le Christ paraîtra, nous serons semblables à lui, car nous le verrons tel qu'il est. Tous ceux qui fondent sur le Christ une telle espérance se rendent eux-mêmes purs, tout comme le Christ est pur (1 Jean 3.2-3).
Le second péché que l'apôtre condamne et qui est une sixième raison de cette épître, est l'oisiveté de certains membres de l'Église et les dérèglements qu'elle occasionnait (1 Thessaloniciens 4.9-12). En effet, ces croyants ne travaillant plus, ils se mêlaient des affaires des autres, menant une vie déréglée. Cela dit, il se peut aussi que ce désordre était dû, du moins en partie, à une incompréhension des événements à caractère prophétique (1 Thessaloniciens 4.13-5.11). Ces chrétiens faisaient une fixation sur la fin des temps qu'ils croyaient déjà vivre. S'étant laissé ébranler dans leur bon sens, ils interprétaient leur réalité quotidienne faite de persécution de la part des Juifs, comme des malheurs messianiques qui leur prouvaient que la seconde venue du Seigneur allait avoir lieu d'une minute à l'autre.
Dans ces conditions, pourquoi travailler ? Cette nécessité ne s'imposait plus, ce qui conduisait ces croyants à une vie désœuvrée et déréglée. Paul cherche évidemment à corriger ce travers dans la première mais surtout la deuxième Épître aux Thessaloniciens, car il semble bien qu'entre les deux, l'effervescence eschatologique se soit amplifiée (1 Thessaloniciens 2.3-11). Huitièmement, l'apôtre écrit aussi pour apaiser les tensions qui régnaient entre certains membres (1 Thessaloniciens 5.12-15), et finalement pour exhorter les chrétiens à s'attacher aux fondements de la vie chrétienne (1 Thessaloniciens 5.16-22) qu'il leur avait enseignés. Au vu de cette longue liste, il est quelque peu surprenant de lire que cette Église était un modèle pour tous les croyants de la Macédoine.
L'apôtre n'a probablement passé que quelques mois à Thessalonique et pourtant il leur a enseigné l'essentiel de toutes les doctrines chrétiennes y compris l'enlèvement de l'Église lorsque Jésus descendra chercher ceux qui lui appartiennent ainsi que la seconde venue du Christ dans toute sa gloire quand il viendra établir son royaume. Il ne considérait pas que ces sujets étaient trop ardus pour ces nouveaux convertis. Il leur avait évidemment enseigné que l'enlèvement de l'Église était imminent. Or depuis son départ, certains croyants étaient morts, ce qui fait que les membres de l'assemblée se demandaient si leurs défunts feraient partie de l'immense cortège des bienheureux qui seront enlevés dans les airs quand Jésus viendra prendre les siens. Paul les rassure en leur disant que les morts comme les vivants partiront dans les cieux.
Ce phénomène miraculeux ne concerne que ceux qui ont une foi personnelle en Jésus-Christ ; cet événement est entièrement différent et ne doit pas être confondu avec la seconde venue du Christ quand il descendra du ciel avec fracas pour juger le monde, détruire tous ses adversaires (Apocalypse 19.11-16) et établir son royaume sur terre. Tout cela est décrit dans le livre de l'Apocalypse. Le message de réconfort que l'apôtre Paul adresse aux croyants contraste fortement avec les croyances qui étaient en vogue dans tout l'empire et encore aujourd'hui dans le monde. Dans la ville de Thessalonique, on a découvert une inscription païenne qui dit :
Après la mort pas de retour à la vie ; après la tombe pas de retrouvailles.
Chapitre 1
Verset 1
Je commence maintenant à lire la première Épître aux Thessaloniciens.
Paul, Silvain et Timothée saluent l'Église des Thessaloniciens dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées (1 Thessaloniciens 1.1).
Les détails biographiques de Paul, qui était auparavant connu sous le nom de Saul de Tarse, figurent dans le livre des Actes des apôtres. Contrairement à ce qu'il fait dans d'autres lettres, Paul ne se donne ici aucun titre, sans doute parce que les Thessaloniciens ne contestaient pas son apostolat, sa fonction de prophète. Timothée et Sylvain étaient tous deux bien connus des premiers membres de l'Église de Thessalonique et avaient rejoint l'apôtre suite à leur retour de la Macédoine.
En les associant à la salutation, Paul exprime qu'il formait avec eux une équipe soudée ce qui montre aussi que l'apôtre était humble et ne faisait pas cavalier seul ; il savait collaborer et s'entourer de personnes fiables, fidèles et capables. C'est grâce à lui que Timothée et Sylvain furent propulsés dans le ministère. Une lecture du Nouveau Testament à la va-vite donne la fausse impression que Paul était un franc-tireur ; il avait certes une forte personnalité, mais n'œuvrait jamais seul.
Les Églises officielles ont la fâcheuse tendance d'établir une distinction bien nette entre les membres du clergé et les paroissiens ce qui se remarque surtout aux habits sacerdotaux. Les prêtres et toute la hiérarchie ecclésiastique se distinguent par la couleur de leurs vêtements, mais c'est aussi vrai chez les presbytériens, les épiscopaliens et bien d'autres encore. Quelle que soit l'étoffe de leurs croyances, les prédicateurs qui ne portent pas des habits comme tout le monde me gênent.
Il faut quand même relever que la situation s'est améliorée ; quand j'étais enfant, le prêtre de notre village portait uniquement une soutane et les sœurs étaient vêtues de noir, comme Zorro, alors qu'aujourd'hui, ils s'habillent le plus souvent comme vous et moi ou presque puisque les prêtres ont toujours un col blanc raide qui n'a pas l'air très confortable, et les sœurs un voile. L'autre différence entre les membres du clergé et le bas du panier est que les premiers sont autorisés à pratiquer des rites qui sont interdits au second. Or je vois mal l'apôtre Paul porter autre chose que l'habit romain ordinaire ou accomplir une cérémonie parce que lui seul en a le droit.
Selon le Nouveau Testament, il n'y a pas de différence hiérarchique entre le pasteur et la brebis sinon que celui qui assume un rôle pastoral devra répondre devant Dieu de la manière dont il aura assumé ses responsabilités vis-à-vis des brebis. Dans les Églises protestantes ou évangéliques, on trouve parfois des individus qui profitent de leur position d'autorité pour se comporter en dictateurs, s'exalter eux-mêmes et utiliser la Parole de Dieu pour assommer ceux qui ne pensent pas comme eux. Ils affectionnent un thème particulier des Écritures et reviennent toujours dessus.
Quand j'ai accepté de réaliser un commentaire audio de l'ensemble des Textes sacrés, je me suis par là même engagé à une discipline de fer, car il me faut étudier toute la Parole de Dieu verset par verset, aussi bien mes passages préférés que tous les autres ; il ne m'est donc pas possible de revenir constamment sur mes sujets favoris. Pour ce qui est d'une vie disciplinée, personne n'arrive à la cheville de l'apôtre Paul, et pourtant il ne se considérait pas supérieur à ses assistants.
Sylvain était citoyen romain et un membre de l'Église de Jérusalem. Paul l'a choisi pour l'accompagner lors de son second voyage missionnaire (Actes 15-18), et plus tard il devint le secrétaire de l'apôtre Pierre, c'est-à-dire qu'il a écrit ses lettres sous sa dictée (1 Pierre 5.12).
Timothée est le plus important des collaborateurs de l'apôtre Paul (Philippiens 2.17-23). Il l'accompagna lors des deuxième et troisième voyages missionnaires et resta avec lui pendant sa première captivité à Rome (Philippiens 1.1 ; Colossiens 1.1 ; Philémon 1). Plus tard, il exerça une fonction pastorale dans l'Église d'Éphèse (1 Timothée 1.3) et fut lui-même emprisonné (Hébreux 13.23). Paul lui a écrit deux lettres ; dans la première, il lui donne des instructions relatives à la vie pratique de l'Église (comparez 1 Timothée 3.15) et dans la seconde, l'apôtre qui se sait à la veille de son exécution lui transmet son ministère et l'appelle à être fort et à prêcher la Bonne Nouvelle avec fidélité (2 Timothée 2.1 ; 4.1-8).
Dans la salutation des deux épîtres que Paul adresse à l'Église des Thessaloniciens, il dit qu'elle est dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ . Il ne s'exprime pas comme ça dans ses autres lettres. Ici, il cherche à bien différentier cette Église d'une assemblée juive, bien que les premiers convertis aient été Juifs ou prosélytes puisqu'ils fréquentaient la synagogue. En d'autres mots, il dit que ces chrétiens se réunissaient au nom de Dieu, mais aussi de Jésus qui est le Seigneur. Ici, Paul met l'accent sur l'égalité entre Dieu et le Christ, mais il fait pareil dans les introductions de toutes ses épîtres. C'est important. L'apôtre Jean écrit :
Tout homme qui nie que Jésus est le Fils de Dieu ne connaît pas non plus le Père. Celui qui reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu connaît aussi le Père (1 Jean 2.23).
Tous ceux qui ont personnellement mis leur foi en Jésus-Christ le Fils sont également unis au Père ; spirituellement, ils forment une même entité avec Dieu. Dans la longue prière que Jésus a faite à son Père pour ses disciples très peu de temps avant la crucifixion, il a dit :
Je te demande qu'ils soient tous un. Comme toi, Père, tu es en moi et comme moi je suis en toi, qu'ils soient un en nous pour que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un, comme toi et moi nous sommes un, moi en eux et toi en moi. Qu'ils soient parfaitement un et qu'ainsi le monde puisse reconnaître que c'est toi qui m'as envoyé et que tu les aimes comme tu m'aimes ! (Jean 17.21-23).
Un dernier mot concernant la salutation : comme dans toutes les autres épîtres sans exception, Paul demande la grâce et la paix de Dieu pour ses lecteurs. À deux reprises, le prophète Ésaïe utilise le refrain menaçant : Mais, a dit l'Éternel, il n'y a pas de paix pour les méchants ! (Ésaïe 48.22 ; 57.21) ; et une autre fois, il est bien plus brutal (Ésaïe 66.24). Je ne peux connaître la paix du cœur, de l'âme et de l'esprit que si j'accepte d'abord la grâce que Dieu m'a faite en Jésus-Christ : la grâce en premier, la paix ensuite ; cet ordre divin est incontournable.